Il faut imaginer l’exposition de Nils Udo à la Galerie Claire Gastaud comme une clairière qui s’ouvre au cœur de la ville : un moment de répit. On y entre comme dans un nid où le visiteur retournerait à ses racines… là où tout à commencé peut-être. Car il y a quelque chose d’originel et d’éternel dans le travail de l’artiste allemand qui est aussi l’une des figures fondatrices de l’Art in Nature depuis le années 70. Comme il le dit lui même, « je n’arrive jamais dans un paysage avec une idée préconçue. Chaque œuvre est une réponse à la situation que je découvre ». Et c’est justement parce qu’il ne prémédite pas son œuvre, qu’elle nous apparaît aussi juste et authentique.

Organisée en Résonance à la 18e Biennale de Lyon, l’exposition est une promenade entre photographie et peinture. On y retrouve la même sensibilité pour faire dialoguer l’art et la nature, et la même expression d’un profond respect pour l’environnement. Loin de l’agitation et du tumulte, il règne un silence apaisant… celui d’un endroit encore préservé de l’artificiel et de toute circulation. Le naturel règne en maître et l’artiste ne prétend pas surpasser ou déranger cet état du monde. Il cohabite en parfaite harmonie, ne faisant que passer, comme un instant éphémère qui tient presque du rêve. Et c’est bien plus qu’un paysage qu’il nous propose, puisqu’il s’agit d’une rencontre. Il nous met en face d’un portrait sublime ; celui d’une nature protagoniste.

Le lieu a toujours une part d’anonymat et de mystère… un secret bien gardé. On y vient comme une nymphe ou un animal des bois, sans faire de bruit et sans laisser de trace. C’est aussi ce sentiment de quiétude infinie que l’artiste partage à travers ses images. Il met en scène le lieu comme le théâtre naturel d’une symbiose possible entre l’homme et son environnement. Il y a quelque chose de sacré, de sanctuarisé dans la manière dont il approche cette relation et nous invite à y prendre part.

La poésie de Nils Udo nous enseigne aussi le langage des arbres et de la forêt, celui des reliefs et des plantes… à travers les jeux de couleurs et de textures innombrables. Ici, il fait fleurir les eaux sombres de la mare en la parsemant de pétales d’hortensia. Et là on se perd dans la neige ou les reflets. Tandis qu’ailleurs, il battit des nids comme une ode à la vie et à la renaissance : éclore à nouveau. Revenir à l’essentiel, à une forme de simplicité et d’écoute… au respect mutuel entre nous et la Terre, c’est peut-être cela finalement dont nous avons le plus besoin aujourd’hui.

Plus d’infos :
https://www.instagram.com/nils_udo