Avec sa nouvelle exposition à la galerie Backslash, Rero nous invite à nous embraser… jusqu’au 12 juillet. Jouant sur la proximité sonore aussi bien que visuelle, le visiteur pourrait aussi bien lancer des baisers que des flammes… animé par une même passion artistique. L’œuvre devient combustible… hautement inflammable… paradoxale !

Funambule sur ce trait qui vient barrer, corriger, supprimer, taire ce que l’on croyait exprimé… le visiteur marche en équilibre sur un fil entre le dit et le non-dit, le bruit et le silence, le visible et l’invisible, le passé et l’avenir, le mort et le vivant. Est-ce une erreur, une censure ou une auto-censure où chacun reste accroché au sens des mots comme à sa propre vérité. Or, elle n’est pas unique et l’enchaînement des lettres s’ouvre inévitablement sur une ellipse comme un champ des possibles et des probabilités. Il y a tellement de suites possibles, de récits individuels, d’imaginaires collectifs à inventer… qu’il faut s’arrêter et prendre le temps de se raconter une histoire ; celle qui nous ressemble. Celle qui nous rassemble.


Je te garde à vue… le visiteur devient narrateur, simultanément sujet et objet de son propre reflet comme de la phrase qui devient sienne. Le dialogue s’installe souvent entre les mots et les supports… renforçant ou déjouant la signification et les a priori. Comme l’avenir, ce qui vient après nous échappe et nous obsède. Le visiteur, comme face à un miroir, se retrouve seul face à sa propre interprétation, ses doutes et ses certitudes. Il y projette le reflet de ses propres pensées conscientes et inconscientes. Terminer la phrase ou la laisser en suspens, lire entre les lignes ou derrière les barreaux… deviner ce qui nous touche vraiment et nous fait exister. C’est un dilemme ! A travers les flammes ou les baisers, s’embrasser plutôt que s’embraser pour amorcer une réconciliation avec le monde autant qu’avec nous-mêmes… reconnaître nos erreurs, corriger nos défauts, réparer nos dégâts… pour avancer et survivre. Finalement, “aimer” pour seul langage universel et se retrouver dans la chaleur humaine qui ne nous brûle pas mais nous réchauffe le coeur… nous fait vivre et nous empêche de nous battre ou de courir après le temps comme après la mort.

Accumuler, renverser, illuminer… dans tous les états et tous les formats… crier plus ou moins fort notre joie de vivre ensemble… ici et maintenant !
Plus d’infos :
https://www.backslashgallery.com/ – 29 rue notre dame de nazareth 75003 Paris