Tamara Kostianovsky – Moved by Forces at RX&Slag New-York

Jusqu’au 25 octobre, Tamara Kostianovsky présente chez SLAG&RX à New-York, une nouvelle exposition personnelle intitulée “Moved by Forces” (Déplacé par des forces). Elle y présente ses dernières œuvres qui s’inscrivent dans la continuité des expositions récentes mais approfondissent toujours plus les rapports complexes que l’homme entretient avec la nature… mais aussi indirectement, avec lui-même. Quant au titre annonciateur, on y décèle à la fois une certaine agitation mais aussi quelque chose  d’irrépressible… à moins qu’il ne s’agisse de l’inévitable… un phénomène d’ordre physique qui nous mettrait en mouvement. 

Courtesy SLAG&RX

Le mouvement donc !.. Celui des “carcasses” qui dansent dans l’espace comme des vanités suspendues dans l’arrière-boutique du boucher… un rappel à nos existences qui ne tiennent qu’à un fil. Elle redonne de la vie à la nature morte et, à travers cette matière qu’elle recycle, opère une régénérescence tissulaire. Cette “révolution botanique de la chair” prônée par l’artiste est un manifeste en faveur de la vie. Elle nous met face à nos responsabilités et à nos contradictions… partant du constat de la blessure du corps, comme de la nature, pour en tirer des conséquences réparatrices. Elle nous propose de réenchanter ensemble un paradis perdu… à corps perdu. Car tout est corps… le boeuf écorché, l’arbre abattu ou même la femme battue. Partout, tout le temps, il faut chercher la survivance… chercher les forces qui nous mettent en mouvement… s’engager !

Courtesy SLAG&RX

Le mouvement, c’est aussi celui du temps. L’artiste fait des références à l’histoire de l’art et à l’Antiquité, jusque dans les titres. Avec son “Narcisssus”, elle ne se limite plus à la souche de l’arbre. Elle creuse, regarde ce qui se passe en dessous de la surface… comme un reflet dans l’eau. Elle nous montre le visible et l’invisible… fait ressurgir ce qui se cache sous nos pieds. Elle nous rend conscient du fait que les causes et les conséquences sont bien plus vastes que ce que l’on imagine à première vue. Au sol, elle envahit l’espace avec cette sculpture monumentale et tentaculaire. En l’absence de branches tendues vers le ciel, les racines de l’arbre continuent de dessiner un réseau de communication comme les fascias des cavités corporelles, les méandres du cerveau ou les voies de circulation. Tout n’est qu’un mouvement perpétuel, des flux et des courants intriqués.

Courtesy SLAG&RX

Quant aux « Colossus » et « Sculptural Group », l’artiste nous surprend avec de nouvelles hybridations et de nouvelles symboliques. La métamorphose devient allégorique voire mythologique. Elle fait naître de nouvelles divinités et nous met en mouvement face à ces “statues” anthropomorphes et vénérables. Elle donne l’envie de tourner comme autour d’une sculpture de Bernini : Apollon et Daphné en train de se transformer. L’arbre est dépourvu de ses cernes habituelles… il est de chair et d’os… humanimal. Les mythes immortels goûtent ainsi à la mortalité du corps et de la nature terrestre. Peut-être avons-nous cru trop longtemps que la nature elle-même était immortelle… comme pour croire à la possibilité de notre propre immortalité ? En faisant corps avec elle, le visiteur s’identifie à la nature dans toutes ses formes et comprend sa vulnérabilité en même temps que ses forces les plus profondes et inattendues. 

Courtesy SLAG&RX

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https://www.instagram.com/slagrxgallery/

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ENGLISH VERSION :

Tamara Kostianovsky – Moved by Forces at SLAG&RX New-York

Until October 25, Tamara Kostianovsky presents at RX&Slag in New York, a new solo exhibition titled Moved by Forces. She presents her latest works, in line with recent exhibitions but always delve deeper into the complex relationships that man has with nature… but also indirectly, with himself. As for the foreshadowing title, we detect both a certain agitation but also something irrepressible…unless it is the inevitable… a physical phenomenon that moves us.

Movement then!.. That of the “carcasses” dancing in space like vanities suspended in the butcher’s back room… a reminder of our existences that hang by a thread. She gives life back to still life and, through this material that she recycles, brings about tissue regeneration. This “botanical revolution of the flesh” advocated by the artist is a manifesto for life. It confronts us with our responsibilities and our contradictions… starting from the observation of the wound of the body, as of nature, to draw restorative consequences. She invites us to re-enchant together a lost paradise… a lost body. For everything is body… the skinned ox, the felled tree or even the battered woman. Everywhere, all the time, we must seek survival… seek the forces that set us in motion… engaging oneself!

Movement is also that of time. The artist makes references to art history and Antiquity, even in the titles. With her “Narcissus,” she no longer limits herself to the tree stump. She digs down, looks at what is happening beneath the surface… like a reflection in water. She shows us the visible and the invisible… brings to light what is hidden beneath our feet. She makes us aware that the causes and consequences are much broader than what we imagine at first glance. On the ground, she invades the space with this monumental and sprawling sculpture. In the absence of branches reaching towards the sky, the roots of the tree continue to draw a network of communication like the fascia of body cavities, the meanders of the brain or the circulation routes. Everything is a perpetual movement, flows and entangled currents.

As for the”Colossus” and “Sculptural Group”, the artist surprises us with new hybridizations and new symbolism. The metamorphosis becomes allegorical, even mythological. It gives birth to new divinities and sets us in motion in front of these anthropomorphic and venerable “statues”. It makes us want to turn as if around a Bernini sculpture: Apollo and Daphne in the process of transforming. The tree is devoid of its usual rings… it is of flesh and bone… humanimal. Immortal myths thus taste the mortality of the body and of earthly nature. Perhaps we have believed for too long that nature itself was immortal… as if to believe in the possibility of our own immortality? By becoming one with it, the visitor identifies with nature in all its forms and understands its vulnerability at the same time as its deepest and unexpected strengths.

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