STAN MANOUKIAN – SELECTION D’OEUVRES

Hariel et Haziel – 28 x 24 cm – Mine de plomb – 2019

La composition est parfaitement équilibrée avec une végétation au premier plan qui accompagne un mouvement ascendant vers les deux personnages principaux qui semblent en apesanteur dans l’air.

La légèreté est encore renforcée par le détail du dessin qui contraste avec le vide en arrière plan. L’attention est naturellement appelée par les deux créatures imaginaires mi-mammifères mi-oiseaux. Leurs regards écarquillés dirigés vers l’observateur et la moue sur leur museau traduisent un état de surprise voire de culpabilité… On s’attendrait presque à un “c’est pas moi c’est lui”… Est-ce que la fleur ne devait pas être cueillie ??

La scène inspire naturellement la sympathie. L’équilibre tient à la position des personnages dans la scène et des petits insectes (à un oeil) qui se trouvent autour d’eux. Il tient également au traitement des personnages et la transition imperceptible entre pelage, plumage et végétaux… rendant l’apparition crédible.

Le personnage central, en plus des ailes déployées, est couronné d’excroissances végétales qui ajoutent une certaine prestance, tout en élevant encore le haut de la composition.

Un dessin technique et “kawaii” à la fois !

Angel – 38 x 29 cm – Mine de plomb – 2019

Par rapport au précédent dessin, la composition est plus grande mais aussi plus dense et en clair-obscur. La végétation est omniprésente à l’avant comme à l’arrière plan, formant une sorte de nid, de cache aux personnages. Ce n’est ni de l’infiniment grand ni de l’infiniment petit mais une autre dimension.

La lumière a une origine mystérieuse et semble à la fois jaillir d’une faille dans le sol et de la nimbe au dessus du personnage principal qui trône massivement au centre. L’aura forme une zone doucement arrondie renforcée en bas par le mouvement du bras gauche du personnage principal et en haut par de multiples créatures curieuses ou espiègles qui lévitent autour de lui. L’orbe sacrée semble les aspirer, les faire voler avec une plus grande force à mesure qu’ils s’en rapprochent.

Sa posture de trois quarts, les ailes dévoyées, le regard écarquillé vers le haut et la main droite relevée lui donne un air de majesté, de protecteur. Entre ses bras, six autres créatures (d’une même espèce) sont assises sur lui, d’une humeur assez boudeuse, les sourcils renfrognés, et assistent à la scène comme depuis une tribune.

Un instant mystique.

Lady Whoo Hoo – 20,32 x 25,4 cm -Encre sur papier – 2020

Retour sur un format plus réduit et aérien. L’ambiance n’est pas celle d’un crépuscule boisé mais plutôt d’une promenade diurne en plein air.

La clarté tient aussi à une technique différente (et qui ne donne pas le droit à l’erreur) qu’est l’encre sur papier. Le trait est donc plus acéré et plus franc qu’avec la mine de plomb. Le rendu est alors plus proche de la gravure.

La composition parfaitement symétrique avec le personnage central, posté de trois-quart, le regard tourné vers l’observateur. Il est couronné de branchages qui forment une coiffe à la fois imposante et pourtant légère. Les ailes repliées le long du corps forment comme une robe entre plumage et végétation.

De part et d’autre, deux acolytes se tiennent debout, perchés sur de longues jambes… Mi-renards mi-oiseaux.

Au sol, une végétation moins fournie dans laquelle on distingue encore quelques créatures… Deux créatures bougones sur la gauche… Deux également sur la droite, l’une hilare et l’autre au brushing impeccable.

A bien y regarder, on dirait une photo de famille un peu vintage. Les personnages prennent la pose devant l’observateur, les grands derrières et les petits devant… On décèlerait même un soupçon d’impatience voire de mauvaise grâce chez certains.

“Cheese”!

Springtime – 70 x 80 cm – Encre sur papier – 2019

A nouveau, un plus grand format mais toujours avec la technique de l’encre. On constate que cette technique ne pénalise ni la richesse des détails, ni la crédibilité des textures, ni même les jeux d’ombres et de lumières. Le trait est net avec un rendu presque métallisé proche de la gravure une nouvelle fois.

La scène a quelque chose de magique, d’un évènement auquel toutes les créatures de la forêt viennent assister avec curiosité et surprise. Toutes semblent s’être pressées autour du personnage principal. L’observateur que nous sommes est venu aussi avec eux.

La scène est encadrée par la nature (végétation et arbres) mais elle n’est pas “fermée” puisque l’on distingue un horizon brumeux peut-être même pluvieux.

La créature anthropomorphe n’a pas de pupille ce qui lui donne un caractère mystique. Elle semble en train de se relever voire de s’étirer, comme tirée d’un profond sommeil. Son corps engourdi, couvert de végétation réapprend lentement le mouvement. Elle est coiffée dune sorte de buisson rond généreusement fleuri. Dépassent quelques branchages dont certains forment des cornes-écorces autour desquelles papillonnent quelques créatures enthousiastes.

Elle incarne le printemps et le réveil de la nature… Signal pour toutes les créatures venues au rendez-vous, que les beaux jours reviennent.

The Umbrella – 27,94 x 35,56 cm – Mine de plomb – 2020

On alterne encore une fois avec un plus petit format à la mine de plomb.

La végétation est encore très présente et maîtrisée.

L’atmosphère brumeuse à l’arrière plan met parfaitement en valeur les personnages regroupés au centre.

La composition, symétrique de part et d’autre du personnage antropomorphe, est d’une grande harmonie.

La créature centrale, plus grande que les autres, une nouvelle fois sans pupille et couronnée de feuillages, se tient debout et dans une position très élégante… en contrapposto. Elle tient entre ses mains la tige d’une plante qui lui sert de parapluie et forme derrière elle un cercle tel une nimbe végétale qui accentue encore sa candeur.

Elle apparaît comme une divinité protectrice, les créatures plus petites étant regroupées sans crainte autour d’elle pour s’abriter de la pluie.

On remarque naturellement la finesse de la représentation de la pluie… les lignes qui srtillent le ciel, les gouttes qui tombent du bord du parapluie jusqu’à celles qui éclatent à la surface d’une flaque qui irradie le sol de lumière.

Une œuvre de saison !

A New Friend – 27,94 x 35,56 cm – Pierre noire – 2020

Même format que l’œuvre précédente mais avec un rythme, une lumière et une ambiance très différents.

Au cœur d’un marais, l’environnement est plus densément boisé et moins végétal… le soleil peine à traverser. On s’avance au cœur d’une nature sauvage et préservée.

La composition suit la courbe des troncs qui rendent l’endroit mystérieux et impénétrable sans toutefois le rendre totalement hostile. Des champignons et une légère végétation ont même réussi à pousser sur l’écorce.

La scène n’est pas figée dans une pose mais en mouvement doux. Le moment est plus intimiste et l’observateur se tient sans un bruit, au loin.

C’est l’instant d’une rencontre entre une petite créature portant des sortes de bois, assise sur le tronc avec un air aimable et surpris, et une plus petite créature qui se tient debout et à l’air particulièrement enjouée. Le doigt en l’air, elle semble en pleine démonstration.

Le soleil perce à travers les feuillage et irradie précisément les deux personnages au centre de la composition depuis l’angle supérieur gauche de la composition. La lumière contraste avec l’ombre alentour et créé un clair-obscur plein de poésie. Le mouvement descendant de la lumière est accentué par les trois silhouettes de petites créatures en arrière plan qui gambadent joyeusement sur un tronc… Peut-être vont elles rejoindre les protagonistes ?

Une œuvre bienveillante.

All good dogs are for wolves – 85 x 65 cm – Graphite sur papier – 2021

On termine avec l’œuvre la plus récente mais aussi la plus grande.

La composition suit une diagonale soulignée par le tronc d’un arbre penché… pousse naturelle ou trop de monde serait-il venu s’y percher…?

L’ambiance est à nouveau très boisée et sauvage… secrète… La lumière est cette fois surnaturelle, mystique, plus que naturelle puisqu’elle semble jaillir d’une brèche dans le sol, entre les végétaux et un petit promontoire rocheux semblable à des orgues basaltiques.

Les créatures se sont pressées là, au bord du rocher et sur les branchages alentours pour voir ce qui se passe… magie, trésor, apparition mystérieuse ou bien seulement un gang de lucioles…?

La créature la plus imposante arbore de très longues ailes qui retombent le long de son corps comme une cape battue en avant par le vent… perpendiculairement au tronc sur lequel il est perché… ce qui donne une dynamique particulière et un mouvement à l’ensemble.

Il semble surpris qu’un oiseau se soit posé sur sa tête tandis qu’il se cramponne à une branche comme un sceptre ou une crosse… qui lui donne un air de Puissant de ce monde forestier… magicien, roi, évêque ou bien oracle…

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