ARDIF : D’ANTIBIOSE EN SYMBIOSE

L’artiste Ardif et ses « Mechanimals » nous invitent à une taxonomie urbaine et nous rend curieux de cette nouvelle forme de vie hybride entre l’animal et la machine.

Qu’ils se révèlent avoir un double visage ou bien que l’on découvre l’essence mécanique sous leur pelage, leur plumage, leurs écailles ou leur carapace, ces animaux que l’on croyait si familiers arrivent pourtant à nous surprendre. Ni sauvages, ni domestiques, ils nous apparaissent sous un jour nouveau ; une nouvelle fable.

Cette anatomie inédite où la chair, les os et les fluides ont laissé la place aux rouages, cordages, poulies, roues, tourelles… n’en n’est pas moins fonctionnelle… comme s’il n’y avait pas de mécanique exclusive à la vie.

Antinomiques, paradoxaux, ces animaux pourraient être réduits à une simple alliance des contraires avec d’un côté l’état naturel et de l’autre l’état artificiel ; irréconciliables. Cela serait sans compter l’harmonie qui se dégage de cette combinaison, de cette oxymore, comme une promesse qu’un équilibre est possible… que l’essor de l’un ne nécessite pas la destruction de l’autre.

Les animaux nous révèlent leur patrimoine intérieur, architectural, industriel… les traces d’un progrès ancré en eux comme une seconde nature.

Ni spécimen, ni trophée de chasse, le « méchanimal » est le triomphe de la raison, une symbiose de ce que la nature et le progrès ont a offrir de meilleur pourvu que l’un ne mette pas l’autre en péril. C’est en quelque sorte un animal de savoir ; un animal des Lumières.

Le charme opère enfin grâce à une technique de dessin minutieuse. De sa formation d’architecte, Ardif a, notamment, su mettre à profit la maîtrise précise du trait, des proportions et des formes géométriques qui participent indéniablement à la crédibilité de cette hybridation animale, mécanique et architecturale.

Comme face à des gravures, des planches anatomiques, on se prend à étudier les mécanismes, à rêver et à essayer de comprendre comment ils marchent… entre science imaginaire et ingénierie poétique.

On songe immédiatement à en adopter un (d’ailleurs, les collectionneurs ne s’y sont pas trompé et il faut se « lever tôt » pour acquérir une de ces oeuvres). Pour s’assurer que tout va bien, une révision annuelle au garage plutôt qu’un tour chez le vétérinaire et le tour est joué ! Me vient alors une ultime question… le “méchanichat” retombe-t-il toujours sur ses pattes ;)… ??

Pour en savoir plus :

https://www.instagram.com/a_r_d_i_f/?hl=fr

Ardif – Cat Mechanimal – 40 x 30 cm – sérigraphie en 8 exemplaires – 2018